Shadow and Bone n’est pas assez épique

Si tu cherches une série merveilleuse impossible à lâcher, la trilogie Shadow and Bone (VO) ou Grisha (VF) est pour toi.

Si tu es abonnéE à Netflix, tu as probablement vu passer l’adaptation dans tes recommandations. Personnellement, je n’ai pas pu résisté et j’ai « binge watché » le tout en 24h. Et je me suis dit : il faut absolument que je lise la série.

Alors je me suis mise à lire, sans pouvoir m’arrêter. Ça m’a pris 22h. Chaque fois que j’avais un moment de libre, je me remettais sur ma lecture.

Shadow and Bone : l’histoire

La série Netflix est un mélange de plusieurs livres compagnons écrits par Leigh Bardugo. Ne t’attends donc pas à retrouver dans la trilogie tous les personnages.

On utilise peu la magie dans l’univers de Grisha, car elle a un prix élevé : elle se nourrit de celui ou celle qui l’utilise. Les « sorciers et sorcières », appeléEs grisha, utilisent plutôt la Petite Science.

L’ordre des grisha est constitué des guérisseurs et guérisseuses et de leur équivalent entrainéEs à la guerre, d’invocateurs et d’invocatrices de différents éléments et d’ingénieurEs. Deux pouvoirs sont plus rares : être capable d’invoquer les ténèbres et être capable d’invoquer la lumière.

Un grisha puissant, il y a de ça des siècles, a expérimenté avec la magie. De ses expériences est né un océan de ténèbres qui divise le royaume en deux. Depuis, tous les jours des gens (braves ou insensés) essaient de traverser. Leur seul espoir : unE grisha capable d’invoquer le soleil.

Alina, notre héroïne, est évidemment cette personne. Elle a vécu toute sa vie sans être consciente de ses capacités mais, quand son unité militaire doit traverser les ténèbres, elle les sauve tous d’une mort certaine. Un grisha invocateur des ténèbres l’amène à la capitale pour l’entrainer. Mais les choses là-bas ne sont pas nécessairement ce qu’elles semblent être. Et sa maison lui manque, son ami d’enfance lui manque.

Le message derrière la trilogie de Leigh Bardugo

Combat entre les forces du bien et du mal ? ✓
Triangle amoureux ? ✓
Chasse aux sorcières ? ✓

L’autrice mentionne dans les « À propos » à la fin de l’un des romans qu’elle aime bien les vilains qui ne sont pas des vilains purs et durs.

Les frontières entre le bien et le mal sont donc plutôt floues dans l’ensemble de la trilogie.

Je me suis même mise à espérer à un moment que l’héroïne passe du côté obscur. C’est pour dire à quel point les méchantEs ont de bonnes raisons. Ça m’a fait penser entre autres aux films de superhéros. Tu sais comment les méchantEs ont toujours une bonne raison de réagir, mais comment il est impossible de les accepter seulement en raison des moyens extrêmes qu’ils utilisent ?

Thanos, qui veut régler l’épuisement des ressources dans l’univers, mais qui, au lieu de doubler les ressources, tue la moitié de l’univers. Le méchant d’Aquaman, qui veut se venger de la pollution des eaux, mais qui décide d’attaquer les humains. Tu comprends la logique. C’est un peu la même impression que j’ai eue en lisant la trilogie.

Je dirais que le thème principal est la contradiction : l’importance des opposés et du maintien d’une balance.

Une balance doit être maintenue entre la lumière et la noirceur, entre le politique et le religieux, entre les différentes classes sociales…

Shadow and Bone : les processus créatifs à remarquer

Alina : un personnage féminin principal fort

Alina n’a pas besoin d’un homme pour l’aider. Ses candidats amoureux ne voient pas en elle un petit animal blessé. Ils voient en elle une personne forte. L’un souhaite en faire son égale, un autre veut qu’être son chevalier et un autre faire d’elle un commandant de la seconde armée.

Et elle prend ce qui lui est dû.

Elle n’attend pas que les hommes dans sa vie le lui donnent.

Je ne dis pas qu’elle est parfaite. Loin de là. Elle a peur, elle demande de l’aide, elle est jalouse et elle est parfois même cruelle. Mais elle n’est pas une héroïne qui m’énerve.

J’ai plusieurs fois dû arrêter la lecture d’une œuvre parce que je détestais le personnage principal féminin.

J’ai aimé Alina. Il y a des moments où je l’ai trouvé niaiseuse, mais ses compagnons l’ont toujours guidée dans la bonne voie et elle a réalisé ses erreurs.

D’accord, c’est encore un cas d’élu. Elle est le seul espoir de Ravka, la seule porteuse de ce pouvoir. Elle est une sainte… Mais ça ne m’a pas tant dérangé.

Alina s’entoure d’une « Team Avatar ». Et s’ils sont prêts à sacrifier leur vie pour elle, ce n’est pas parce qu’elle l’a demandé. Elle apprend peu à peu à diriger, à mener des hommes et des femmes au combat et dans leur foi. Elle est considérée comme un symbole malgré elle. Après un petit moment d’hésitation où elle essaie de fuir ses responsabilités, elle réalise qu’elle n’est plus simplement Alina : elle est Sankta Alina.

Et je crois que c’est ce qui fait que j’aime bien son personnage. Elle a été choisie et elle assume son rôle, même si elle ne l’accepte pas totalement.

Je m’attendais à quelque chose d’épique

Seigneur des anneaux : grands combats épiques armée contre armée.
Chroniques de Narnia : grands combats épiques armée contre armée.
Illiade : grands combats épiques armée contre armée.

Le genre merveilleux épique est défini en quelque sorte par de grands combats armée contre armée. Tu sais, la scène où tout le monde se fonce dedans ?

J’attendais avec impatience le grand combat dans Shadow and Bone.

[Spoiler]

Et il ne vint jamais.

Les méchants arrivent toujours avant que les gentils aient eu le temps de finir les préparations pour le combat. Team Alina est donc toujours prise au dépourvu. Et ils se font MASSACRER. C’est seulement par l’illusion et la supercherie que les héros réussissent à se débarrasser des vilainEs.

J’ai eu l’impression d’avoir été dupée par Leigh Bardugo. Je m’attendais à quelque chose d’épique. Et je n’en ai eu qu’à moitié.

En bref

Il est important de remplir la promesse que l’on fait à ses lecteurs et ses lectrices. Chaque genre littéraire annonce une différente promesse. Une œuvre dans le style merveilleux qui annonce un combat entre le bien et le mal promet des combats épiques. Et la série Shadow and Bone n’a pas rempli sa promesse. Ça n’en fait pas pour autant une mauvaise série. J’ai adoré lire la trilogie!

J’ai tout simplement été déçue.

Si tu dois apprendre quelque chose de la série en tant qu’écrivainE, c’est comment créer un personnage principal féminin fort.

Oh ! n’oublie pas les papiers-mouchoirs si tu commences Grisha ! J’ai versé une petite larme.

Tu aimes le genre merveilleux ? Et tu te cherches une série peut-être plus légère à lire ? Je te propose Fablehaven. Tu peux lire ma critique ici.

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