Fablehaven : une série à lire au moins une fois

Tu as aimé Les chroniques de Spiderwick ? Souvenirs de Gravity Falls te manquent et tu souhaites te plonger dans un univers semblable ? Tu n’as pas lu Fablehaven ?!

Qu’est-ce que tu attends !

Chaque livre prend environ 5 h à lire. Et il s’agit d’une série de 5 tomes. Donc plusieurs jours de lecture à l’horizon.

Il existe maintenant un intégral en version numérique (si tu aimes les EPUB). Sinon, tu devrais facilement pouvoir le trouver à la bibliothèque ou en livre usagé ou dans n’importe quelle librairie, mais il faudra sûrement commander puisque la série a finit d’être traduite en 2011.

Ce n’est pas une série à en sortir les papiers mouchoirs. Par contre, les personnages te marqueront suffisamment pour que tu sois déçu qu’il y ait une fin à leurs aventures.

Petit avertissement : j’ai lu la série en français et je n’ai récemment que relu le premier tome et non pas la série entière. Ma mémoire peut donc me jouer des tours.

Fablehaven : le sanctuaire secret en quelques lignes

Seth (plus ou moins 10 ans) et Kendra (13-14 ans) sont obligés de passer deux semaines d’été chez leurs grands-parents paternels qu’ils connaissent à peine. À leur arrivée, grand-mère n’est pas là et grand-père Sorenson ne cesse pas de justifier son absence avec de drôles de raisons.

Il leur donne deux règles : ne pas entrer dans la forêt et ne pas s’approcher de la grange.

Évidemment que les enfants ne les respectent pas 🙄

Et ils en paient le prix durement.

Leur désobéissance à ces simples règles les mène à découvrir tout un univers dont ils n’avaient jamais imaginé l’existence. Les créatures magiques dont les légendes parlent existent ! Et leur grand-père est le gardien d’une réserve peuplée de créatures magiques en voie d’extinction. Mais pas toutes sont heureuses d’être prisonnières de ces terres…

La nuit du solstice d’été arrive à grands pas et les créatures de la forêt sont agitées. Ce sera la pire nuit de l’histoire de Fablehaven.

Évidemment, ils ne savent pas encore ce que leur réservent les autres tomes 😑

Le message de Fablehaven

Le message est un peu plus dur à décortiquer dans Fablehaven que dans Le Journal d’un AssaSynth (tu n’as pas lu l’article sur cette série de sci-fi ? c’est ici).

Toutes les aventures ne se déroulent pas sur les terres de Fablehaven, même s’il s’agit d’un thème récurrent. Les enfants voyagent pour remédier à leurs problèmes sur la réserve, et certaines créatures maléfiques n’hésitent pas à aller à leur rencontre dans les murs mêmes de leur école.

Brandon Mull aborde les thèmes de la famille, de l’amitié, du bien et du mal. Mais je n’ai pas l’impression que l’accent est mis sur eux. J’ai l’impression que Fablehaven est plutôt une fable écologique.

Le message écologique derrière la série

L’existence même de Fablehaven est due aux humains dans un effort de créer un sanctuaire pour des créatures en voie d’extinction. Des créatures qui ne sont ni bonnes ni méchantes. Des créatures qui ne sont ni heureuses ni malheureuses de se retrouver prisonnières d’un contrat avec des humains.

Mais ces créatures sont en voie d’extinction à cause des humains.

J’ai l’impression que la série montre un problème semblable à celui des pandas. Si nous ne gardions pas les pandas en captivité et que nous ne les forcions pas à se reproduire, ils n’existeraient plus. Ils ne semblent pas malheureux d’être en captivité : ils sont nourris sans avoir à faire d’efforts. Mais il ne s’agit pas d’un état naturel. Ils sont en voie d’extinction à cause des humains, mais ce sont les humains qui les gardent en vie.

Les créatures magiques de Fablehaven voient en la réserve un sanctuaire. Elles sont protégées des humains, mais elles aimeraient tout de même bien être capables de se débarrasser d’eux. Elles résistent à entrer en contrat avec la réserve et doivent être capturées pour y être amenées. Mais une fois sur place, elles ne font pas l’effort de se mutiner. Mis à part les créatures maléfiques, évidemment… mais, c’est en raison d’une intervention humaine.

Un combat entre le bien et le mal

Le combat entre le bien et le mal est un thème récurrent. Mais les forces du bien et les forces du mal ne sont pas toutes blanches et toutes noires. Les humains ne sont pas tous des gardiens, les créatures magiques ne sont pas toutes maléfiques. Pour les personnages principaux, il semble difficile de déterminer quand ils ont raison d’agir de façon préventive, et quand ils ne feront qu’empirer les choses.

Ce n’est donc pas un combat aux limites aussi bien définies que dans Les Chroniques de Narnia ou dans Le Seigneur des anneaux.

Les procédés stylistiques utilisés dans Fablehaven à remarquer

Les dialogues manquent de réalisme

Je ne sais pas s’il s’agit d’un problème de traduction, mais j’ai l’impression que les dialogues sont… peu réalistes.

Les personnages parlent en longs paragraphes sans émotion. Par exemple :

« Mais bien sûr. Vous avez entendu Néro dire que [spoiler]. Je vais vous résumer l’histoire de ce lieu afin que vous en saisissiez bien toutes les ramifications. »

– p.263, Fablehaven : le sanctuaire secret

Je n’ai pas l’impression qu’en situation d’urgence (la situation dans laquelle se trouvent les personnages à ce moment), on peut justifier un arrêt dans un grenier pour discuter de l’histoire de la réserve. Si les personnages avaient discuté en mouvement, j’aurais pu trouver ce dialogue pertinent.

Mais je comprends l’intérêt du dialogue pour les lecteurs et lectrices. Il est plutôt important de comprendre le contexte en tant que lecteur ou lectrice pour bien saisir l’urgence de la situation.

Mais qui parle comme ça ? « saisir toutes les ramifications », c’est un peu soutenu comme vocabulaire. En tout cas, mes grands-parents ne parlent pas comme ça.

Même si les dialogues des enfants sont plus réussis que ceux des adultes, je crois qu’il y a une certaine déconnexion entre les réactions des personnages très réalistes et les dialogues qui le sont moins.

Les personnages sont très réalistes

Je te disais plus haut que tu seras probablement déçu que les aventures de Seth et Kendra doivent finir après 5 tomes. Et la raison est la suivante : leurs personnages sont attachants.

Ils agissent comme des enfants : ils ont le jugement facile, les règles sont selon eux faites pour être défiées et ils pensent maitriser toute situation dans laquelle ils s’embarquent.

Les adultes sont moins réalistes, mais je crois que cela vient du fait que les enfants les voient comme des adultes, des gens qui savent ce qu’ils font (même si ce n’est pas le cas 😉).

Seth et Kendra deviennent rapidement des amis pour les lecteurs et lectrices.

Je crois qu’ils sont si attachants puisqu’ils sont loin d’être parfaits. L’auteur leur a donné des rêves, des ambitions, mais aussi des peurs et des défauts.

Seth est imprudent. Il n’a pas la langue dans sa poche et il prend tout comme un défi. Mais il est très protecteur de sa famille, il a un grand cœur et il est courageux.

Kendra est timide. Elle a une peur de l’autorité et du regard des autres, elle préfère rester dans sa zone de confort. Mais elle est capable de prendre des décisions rapidement en situation de crise, elle est douce et gentille et elle est capable d’analyser une situation complexe mieux que son frère.

La relation entre Seth et Kendra me rappelle celle que j’avais avec ma sœur en grandissant. Dès qu’il fallait tester quelque chose, je l’envoyais en premier. Si j’étais trop lâche pour faire quelque chose, je transformais l’action en défi et elle s’y mettait avec enthousiasme. Dès qu’elle faisait des conneries en public, je l’amenais sur le côté et lui disais de se calmer, car, je l’avoue, j’avais un peu honte. Mais dès qu’elle s’ennuyait, j’inventais des histoires pour l’amuser. Dès qu’elle était en danger, je l’aidais et la protégeais. Et je répondais à toutes ses questions.

Je crois que c’est pour ça que les personnages de Seth et de Kendra sont si attachants, parce qu’ils ont une VRAIE relation de frère et sœur.

Les personnages sont légèrement stéréotypés

Grand-Père Sorenson est le gardien du sanctuaire. Grand-Mère ne semble avoir du pouvoir sur la réserve que parce qu’elle est sa femme.

Seth est un garçon et il fait « des choses de garçons » : il aime l’exploration, il est courageux, il est défiant. Kendra est une fille et elle fait « des choses de filles » : elle lit plutôt que d’aller dans la forêt, elle respecte les règles et elle analyse la situation avant d’agir.

Je crois qu’il ne faut pas lire trop loin entre les lignes, mais il ne faut pas s’attendre à quelque chose de rafraichissant par rapport à la représentation des genres.

Les personnages féminins ont des caractéristiques qui sont principalement associées au genre féminin traditionnellement et il en va de même pour les personnages masculins.

Par contre, l’histoire est plutôt centrée sur Kendra : un personnage féminin fort. Ce qui est plutôt intéressant.

En bref

Si tu souhaites t’évader dans un univers étrange, mais qui est tout de même plutôt familier, Fablehaven est la série pour toi. Il s’agit d’une série jeunesse qui se lit rapidement, mais qui restera avec toi pour longtemps.

C’était la troisième fois que je lisais le 1er tome et je n’ai toujours pas été déçu. J’ai l’impression chaque fois de retrouver des amiEs que je n’ai pas vuEs depuis longtemps. Je vais continuer sans faute à lire la série cet été.

C’est aussi une super série pour apprendre à écrire des personnages réalistes. J’ai beaucoup à apprendre de Brandon Mull. Probablement, que toi aussi 😁

Tu as aimé cette critique ? Si tu veux savoir quand un prochain billet de lecture sortira, suis le Cercle des écrivainEs.

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